REATHLETISATION DU FOOTBALLEUR DE HAUT NIVEAU APRES PLASTIE DU LIGAMENT CROISE ANTERIEUR

 

Régis BERGERET

Promoteurs : A. Bruchard – Ph. Georges

Haute Ecole Robert Schuman – Libramont

 


Pour le sportif de haut niveau, une convalescence de plusieurs semaines est susceptible de provoquer une perte des qualités physiques liée à l’inactivité, avec pour résultat un délai de retour au niveau antérieur notablement allongé. Ainsi, une prise en charge médico-sportive précoce et adaptée semble nécessaire. Toutefois, après une rééducation kinésithérapique contrôlée, les conditions sont souvent insuffisantes pour espérer, non sans danger, une reprise sportive. Il s’avère donc indispensable de préparer l’athlète de haut niveau au retour sur le terrain par un programme dit de « réathlétisation », afin de limiter les risques de rechute inhérents à la pratique sportive et accrus chez le sportif opéré.

 

Pour une meilleure réalisation pratique, le sportif de haut niveau sera un footballeur professionnel rééduqué spécifiquement après une ligamentoplastie du ligament croisé antéro-externe. Néanmoins, ce concept de traitement se veut adaptable à toutes les autres pathologies et disciplines sportives. Il suffira au praticien d’examiner les spécificités propres du sport et de la lésion encourue (méthode chirurgicale effectuée, filière(s) énergétique(s) prédominante(s), …).

 

Ainsi, la réadaptation du footballeur aura pour objectif d’établir la meilleure stratégie pour contribuer au développement idéal des différentes qualités physiques et d’optimiser les capacités physiologiques du joueur après sa blessure.

 


D’abord, ces qualités sont à la base de la performance sportive et sont fortement dépendantes les unes des autres : l’endurance, la force, la vitesse, la souplesse et la coordination.

Ensuite, la connaissance des exigences physiologiques du sportif est d’une importance fondamentale dans le bon déroulement de la rééducation. Selon Cometti, le football est surtout un sport qui exige des fibres rapides. Tout baser sur l’endurance semble erroné. À trop pratiquer la course lente, on va à l’encontre du but recherché : améliorer l’efficacité du sportif. L’amélioration de la vitesse et de l’explosivité devient donc la priorité en football.

 

Par ailleurs, le traitement se subdivise en trois grandes phases à l’intérieur desquelles plusieurs objectifs seront définis, en accord avec le patient. Ces différentes phases seront conditionnées par l’écoute et le déroulement des processus physiologiques propres au malade.

 

Dès son arrivée, le sportif blessé est soumis à deux bilans : le bilan médical (médecin et kiné), et le bilan sportif (préparateur physique). Conjointement, nous définirons les objectifs de la rééducation en fonction de la lésion ainsi que des buts du sportif blessé et du club. Ce travail en symbiose est nécessaire mais souvent négligé. Pourtant, cette collaboration ne peut qu’optimiser les délais de reprise.

 

Au cours des trois phases, l’intervention des différents acteurs du staff changera : les deux premières phases seront cibles sur le travail kinésithérapique à raison de plusieurs heures par jour. La troisième phase dite de « réathlétisation » serait la plus importante car elle demande une participation entre le kinésithérapeute et le préparateur physique afin d’éviter tous risques de blessure. Durant cette période, l’athlète blessé commence un entraînement généralisé (travail cardio-vasculaire) et spécifique (renforcement musculaire du membre lésé et/ou du membre sain) pour récupérer au plus vite les qualités détenues par le sportif avant sa blessure. Bref, cette phase suit le prolongement des deux premières mais de façon plus intense et surtout orientée en fonction de la spécificité du sport pratiqué. Notons également qu’une planification trop précise en rééducation est risquée. D’où l’absolue nécessité d’adapter le traitement aux circonstances présentes.

 

De plus, le contenu de notre rééducation se fonde essentiellement sur l’application des grands principes de l’interval-training. Cette forme de travail présente l’avantage de se rapprocher tant au niveau de l’intensité que de la durée des conditions d’un match de football. Selon Cometti, cette méthode présente l’intérêt en football, d’améliorer l’endurance, de récupérer plus facilement, de solliciter toutes les fibres musculaires et permet un travail plus varié.

 

En conclusion, complémentarité, rigueur, précision, adaptation seront les mots-clefs indispensables à une efficacité et à une guérison dans des conditions optimales de confort. C’est l’interrelation et la synergie permanente entre les différents acteurs du staff qui permettront une prise en charge du sportif performante et appropriée.