SCIENCES

 

NEUROPSYCHOLOGIE DE LA GESTION DU STRESS, PLACE DE LA RELAXATION

 

Corinne GOFFAUX-DOGNIEZ

Docteur en kinésithérapie

 

 

1)   CERVEAU RATIONNEL ET CERVEAU EMOTIONNEL

 

L’étude de l’architecture du cerveau humain nous montre l’existence d’un cerveau émotionnel et d’un cerveau rationnel.

 

Le cerveau émotionnel, dépositaire de notre « succès reproductif », c’est-à-dire de conduites instinctives, basées un apprentissage acquis au cours de l’évolution de l’espèce amène certains types de réponses automatiques à certaines situations données.

Ces conduites se sont inscrites en nous, dans nos voies neurologiques, parce qu’elles se sont avérées être de bonne qualité au sens où elles nous ont permis de survivre.

Elles se sont donc transmises de génération en génération afin de transmettre les prédispositions nécessaires à la survie.

Ce cerveau émotionnel, ou paléo-cortex est sous-cortical et constitué notamment du système limbique, de l’amygdale, de l’hypothalamus. 

 

Le cerveau rationnel, ou néo-cortex, fierté et apanage de l’être humain en fait un individu « dit » civilisé, capable de concevoir des projets, des technologies, d’avoir des conduites plus complexes, plus élaborées, notamment de chercher à comprendre, à canaliser et contrôler certains aspects du monde qui l’entoure à des fins (en principe, dans le meilleur des cas) constructives.

Ce cerveau rationnel a son siège au niveau du cortex cérébral (D. Goleman, 1995).

 

Le cerveau émotionnel est concerné par une série d’états comme :

-       La colère

-       La peur

-       La surprise

-       L’amour

-       Le bonheur

-       Le dégoût

-       La tristesse

 

Chacune de ces réactions émotionnelles s’accompagne de manifestations physiques qui lui sont spécifiques. Par exemple, l’amour (sentiment, gestes, activité sexuelle,…) provoque une excitation parasympathique qui calme et rend content ; à l’inverse, la colère fait affluer le sang vers les mains pour frapper, et la peur fait affluer le sang vers les jambes pour fuir...

(Ekman P. et Davidson  R., 1994 ; Levenson RW., Ekman P., Friesen WV., 1990).

Le cerveau émotionnel sera impulsif et puissant, éventuellement illogique.

Le cerveau rationnel, qui nous pousse à comprendre les choses de manière surtout consciente et à développer notre quotient intellectuel, sera pondéré, réfléchi, logique.

 

Toutefois, au cours du développement, ce cerveau rationnel, gros bulbe pourvu de circonvolutions a « poussé » au départ du cerveau sentant.

Ils sont donc anatomiquement et fonctionnellement liés l’un à l’autre.

Dans notre cerveau émotionnel, la partie la plus archaïque est liée à l’odorat.

Ensuite, nous trouvons notre système limbique qui peut être le siège de la fureur, des émotions amoureuses, mais aussi de conduites d’apprentissage comme la mémoire.

Les zones olfactives sont liées au système limbique.

Cette partie de notre système nerveux est celle que Freud avait identifiée sous le nom d’inconscient. Elle échappe à notre conscience, c’est un cerveau animal au centre de notre cerveau humain.

 

L’étape suivante de l’évolution historique de notre système nerveux actuel est le développement progressif du cortex, relié aux zones olfactives et au système limbique. Il permet d’apprendre plus, d’affiner le mouvement et les données apprises (Joseph R., 1993 ; MacLean PD., 1990).

Le néo-cortex qui se structure ainsi petit à petit, augmente les capacités adaptatives de l’homo sapiens, notamment en lui permettant une  planification à long terme et la mise en place de stratégies complexes.

Les dernières zones apparues, les plus récentes, sont celles du cortex préfrontal. Spécifiquement humaines, ces zones assurent l’attention, la concentration, l’inhibition des besoins et des impulsions, la vie sociale, le comportement moral.

Toutes les élaborations de la civilisation, de la culture et de l’art sont des produits du néo-cortex.

 

Les émotions peuvent avoir un énorme impact sur nos réactions neuro-physiologiques.

Leur place archaïque dans l’évolution et les liens anatomiques actuels avec les autres parties du système nerveux peut expliquer leur mode d’action : impulsif, déstabilisant, agissant sur nos pensées rationnelles.

Le système émotionnel peut agir à la manière d’un « coup d’état » dans le corps, responsable d’états passionnels, qui ne pourront être analysés qu’après.

L’analyse du « coup d’état » et de ses conséquences se fera calmement à l’aide des zones neurologiques plus récemment acquises du néo-cortex.

 

Si le cerveau rationnel laisse le cerveau émotionnel prendre les rènes et n’exerce pas son rôle qui est de le compléter et le moduler, cela peut conduire à des comportements violents, pulsionnels, presque animaux.

Le cerveau émotionnel est responsable du bien-être physiologique et psychologique du corps : fonctionnement du cœur, tension artérielle, hormones, système digestif et immunitaire.

 

Notre monde « civilisé », à l’inverse, peut conduire à se couper de nos émotions, en stimulant à l’excès les structures corticales et en suractivant (volontairement ou non, consciemment ou non) leur fonction de contrôle sur le reste du système nerveux.

 

Le cerveau émotionnel et le cerveau rationnel doivent donc, pour notre santé et notre équilibre, fonctionner en harmonie.

 

Au début du XXe  siècle, on encourageait presque exclusivement le cerveau rationnel à se développer. Le quotient intellectuel était considéré comme une valeur suprême.

Cette notion intéressante du quotient intellectuel est attribuée à  Alfred Binet, psychologue français du début XXe  siècle.

Si par bonheur ( ?), quelqu’un avait un quotient intellectuel élevé, il aurait dû s’attendre à « réussir » en proportion. Pourtant, on s’est aperçu que la relation entre ce QI et la réussite au sens large (position sociale, salaire, fait d’être marié, d’avoir des enfants…) était assez faible.

Jung et Piaget avait déjà évoqué l’existence de différentes formes d’intelligence.

Les chercheurs de Yale et du New Hampshire ont défini plus récemment la notion d’intelligence émotionnelle, mesurable par un quotient émotionnel, lui-même défini par 4 notions ( Mayer JD., Salovey P, Capuso A, 2000 ).

 

1)   L’aptitude à identifier son état émotionnel et celui des autres.

2)   L’aptitude à comprendre le déroulement naturel des émotions.

3)   L’aptitude à raisonner sur ses propres émotions et celles des autres.

4)   L’aptitude à gérer ses émotions et celles des autres.

 

Ces 4 aptitudes sont les fondements de la maîtrise de soi et de la réussite sociale.

Un exemple très fréquent de mauvaise identification de l’état émotionnel peut expliquer les déséquilibres alimentaires : manger parce qu’on identifie la faim, alors que l’émotion réelle est la fatigue ou la tristesse.

Ce comportement est fréquent. Il est souvent appris précocement. Dans notre société, la nourriture est très souvent utilisée pour répondre au stress.

 

La perception du monde qui nous entoure se fait de manière simultanée par notre cortex et par nos zones émotionnelles. Selon les situations vécues, les « deux cerveaux » sont plus au moins en phase. Si cette synchronisation est bonne, cela nous donne un sentiment harmonieux d’être en accord avec nous-mêmes ; si elle ne l’est pas, nos deux cerveaux étant plus ou moins en compétition, cela s’accompagne d’un sentiment de tiraillement intérieur. 

 

L’état d’équilibre entre nos 2 cerveaux est l’état vers lequel nous tendons naturellement, nous cherchons intuitivement cette harmonie : être heureux là où nous sommes et apercevoir les prochaines étapes du chemin à suivre, un tel état qui nous amène à « sourire du sourire de Bouddha ».

 

Le mariage des 2 cerveaux n’est pas chose facile. Le cerveau cognitif, pour être satisfait doit ressentir la cohérence et le respect du fil conducteur. Le cerveau émotionnel fonctionne au rythme de besoins plus bruts, plus vitaux.

Si l’espèce humaine a tendance à  mettre en avant le cerveau cognitif et à le considérer comme « le leader naturel », dans certaines situations d’urgence, le cerveau émotionnel a le pouvoir de « tirer la sonnette d’alarme », c’est-à-dire de prendre le dessus sur le cognitif, de « débrancher » le contrôle préfrontal afin de devenir prioritaire sur lui pour la gestion du problème concerné.

 

En fait, le mariage de ces 2 cerveaux, comme tout mariage est délicat :

Pour assurer sa réussite, il faudrait : 

 

-       Un dialogue qui permet aux 2 cerveaux de fonctionner en tant que couple réussi c’est-à-dire réunissant les points forts des 2 parties et mettant les priorités là où elles sont vraiment.

-       Une collaboration équilibrée :  

o    trop se couper des émotions peut conduire à un manque d’empathie, à de l’insensibilité, de la cruauté, de la violence, de la schizophrénie ;

o   vivre trop dans l’émotionnel peut ôter à nos démarches leur analyse, leur cohérence, le sentiment de contrôle dont nous avons besoin pour nous sentir en paix.

 

La balance entre ces deux cerveaux, ajuste la réponse adaptative choisie à la situation rencontrée, c’est cela qui détermine notre personnalité, et finalement, c’est ainsi que se tisse notre histoire personnelle.

On pourrait dire aussi que c’est ainsi que se tisse l’évolution humaine, l’évolution de la planète.

Selon certaines théories évolutionnistes, les avantages de l’altruisme sont posés comme  un principe de survie (Slavin M. et Kriegman D. 1992).

A cet égard, il est intéressant de se rappeler la catastrophe du Tsunami :

Les animaux avaient perçu le danger et grâce à cela, ont fui et ont été épargnés par le raz de marée.

Par contre, la plupart des victimes sont des êtres humains …

Que devons-nous penser de cela ?

 

 

2)   COPING ET ANXIETE

 

Lazarus et Launier en 1978 définissent le coping comme : « Ensemble des processus qu'un individu interpose entre lui et l'événement stressant pour maîtriser, tolérer ou diminuer l'impact de celui-ci sur son bien-être physique et psychologique. »(Lazarus et Launier 1978)

 

Les différents types de coping peuvent être:

 

-       centrés sur le problème.

-       centrés sur l'émotion.

-       centrés sur la réévaluation de la situation.

 

Le critère du coping réussi est la maîtrise de la situation ou la diminution de l'activation physiologique engendrée par celui-ci (Dantzer 1989 et 1993).

Le coping est apparenté aux défenses du moi, d'après Vaillant (1977), ce coping est réussi s'il est souple, adapté à la réalité, et qu'il préserve le devenir physique et psychologique du sujet.

 

L'anxiété-état caractérise une adaptation momentanée.

Elle se définit par une série de cognitions et d'affects face à un stress comme : sentiments

d’appréhension, perception de danger imminent, certaines activations psychophysiologiques.

On définit également une valeur d'anxiété-trait, qui est une donnée stable de la personnalité.

Bruchon-Schweitzer et Paulhan en 1993 enregistrent une corrélation de 0.6 entre anxiété-état et anxiété-trait.

L’anxiété est une émotion, liée au futur (danger potentiel), elle pourra déboucher sur une expression psychologique, somatique ou comportementale.

Comme la plupart des émotions, l’anxiété va modifier certains paramètres physiologiques objectifs : conductance cutanée, catécholamines plasmatiques, cortisol urinaire et salivaire.

Toutefois, ces paramètres sont sujets à de multiples variations inter-individuelles et sont donc difficiles à interpréter.

L’anxiété (psycho- et physiologique) a le rôle de mettre le système nerveux en état de réceptivité. Cette anxiété-réceptivité permet l’organisation d’une réponse adaptative de l’organisme qui viendra dans un second temps.

Une différence sera faite entre l’anxiété en tant qu’étape adaptative, et l’anxiété pathologique.

L’anxiété pathologique apparaît quand le patient ressent, à cause de son anxiété une détresse importante et permanente, ou un déficit fonctionnel qui a des répercussions sociales, familiales ou professionnelles et qui affecte la qualité de la vie du sujet.(Ferragut E. 2001).

 

 

3)   LA GESTION DU STRESS : UN CHOIX

 

Dans la clinique de la gestion du stress, la situation de stress s’accompagne d’abord d’une phase d’émotion avec anxiété et sentiment de non-contrôle. Cette phase a une durée variable ; si elle est trop longue, un sentiment de détresse apparaît. Celui-ci peut s’exprimer par de la panique, du catastrophisme ou de la dépression.

Le processus de résolution de cette phase aboutit à l’étape de résolution du problème. Cette phase s’accompagne d’une diminution de l’anxiété et du retour du sentiment de contrôle.

Gérer le stress revient donc à choisir.

Choisir, c’est devenir ; gérer c’est apprendre ; apprendre en essayant, tantôt en réussissant, tantôt en se trompant …

Certains choix sont faciles, d’autres difficiles, certains choix sont à court terme, d’autres à long terme, d’autres des fuites…

Il est parfois intéressant de se demander au nom de quoi nous faisons tel ou tel choix, si nous avons vraiment notre libre arbitre, ce que nous choisissons d’apprendre  et de devenir…

 

A cet égard, certaines conduites affectivo-émotionnelles sont de véritables apprentissages inconscients enregistrés précocement lors de notre enfance de manière tangible, biophysique dans nos structures neurologiques (de la mémoire).

Nous aurons donc tendance à les réutiliser de manière automatique comme des acquis, …même si notre cerveau rationnel souhaite tracer pour nous un autre chemin :

Si nous avons vu nos parents divorcer après des années de disputes et que, une fois adulte,  notre cerveau rationnel veut construire l’amour idéal, nous devrons, avec notre partenaire « rééduquer » les acquis inconscients de notre cerveau émotionnel.

Si nous ne faisons pas cela, si nous n’y prenons pas garde, si nous ne sommes pas conscients de cela, nous risquons fort de reproduire à notre insu les conduites affectives pathogènes observées chez nos parents (et donc enregistrées  et apprises inconsciemment).

Si notre projet du cœur est de construire autre chose, nous pouvons être attiré intuitivement vers le ou la partenaire qui va nous aider à réaliser ce que nous voulons. Ainsi, notre cerveau émotionnel pourra, dans un cadre qui permet une évolution positive (une guérison ou résilience), réparer ses acquis erronés ou plus précisément en guérir, et l’acquisition progressive de nouveaux comportements émotionnels de meilleure qualité, en accord avec le projet de vie rationnel que nous cherchons à construire, s’accompagnera de modifications biophysiques au niveau des structures émotionnelles cérébrales (B. Cyrulnik, 2004). 

 

Dans notre société, les maladies cardio-vasculaires sont parmi les premières « tueuses », et ce type de maladie est associée au pattern psychologique « A » : cela correspond à quelqu’un de stressé, performant, adrénergique, lutteur, rationnel, cognitif, rapide.

Ce type de pattern psychologique est souvent porteur dans notre vie professionnelle et est donc encouragé par la société.

Il peut, schématiquement conduire à l’infarctus… !

Il est intéressant de mentionner que le cœur  possède son petit réseau nerveux propre. Pour se fixer les idées, on pourrait l’appeler « cerveau du cœur » ou «  intelligence du cœur » ; ce petit cerveau local, en connexion, comme tout réseau local, avec le réseau général correspondant, est rééquilibré de manière rapide lorsqu’on le met en situation de ressentir des sentiments de tendresse et de gratitude vis-à-vis d’autrui.

Si le cerveau est pourvu  d’un siège central des émotions, c’est au niveau du corps que celles-ci s’expriment, et l’équilibrage émotionnel passera donc par une mise en phase du cerveau et du cœur sur un plan physique (Armour JA., 1991 ; Gershon MD., 1999).

L’équilibre rationnel-émotionnel serait donc un peu comme l’équilibre « Ego/Empathie », ou encore « Réalisation de soi/Don aux autres ».

 

Qu’est-ce que l’empathie ?

L’empathie est le témoin et le vecteur de la communication émotionnelle.

Plus nous sommes sensibles à nos propres émotions, plus nous sommes capables d’exprimer et de communiquer de l’empathie. Parce qu’en développant notre propre conscience émotionnelle, nous pouvons percevoir les émotions des autres de manière plus juste et y répondre spontanément avec précision.

Sur le plan neurologique, les zones correspondant à l’empathie ont été découvertes par l’examen des pathologies de zones spécifiques et localisées du cerveau dont le manque d’empathie faisait partie du tableau clinique (Levenson R. et Ruef A. 1992).

Ces zones se trouvent dans le cortex visuel, l’amygdale, le système limbique.

Depuis le système limbique, des circuits se sont développés, reliés au cortex permettant des réponses comportementales liées à l’empathie : ceci nous montre que l’empathie est une donnée physiologique, adaptative.

Pour pouvoir exercer valablement nos capacités d’empathie, nous devons être calmes et disponibles. Si l’un ou l’autre stress nous occupe l’esprit, cela peut perturber nos capacités d’empathie et donc de communication émotionnelle.  

Le sens de l’empathie est acquis normalement à la fin de l’enfance. Lors de l’adolescence, les valeurs et les idéaux moraux visant à combattre le malheur et l’injustice du monde achèvent leur construction. Cela vient compléter l’empathie pour devenir l’éthique, le sens de la justice, le sens moral (Hoffman ML., 1984).

 

 

4)   EVOLUTION DE LA SOCIETE, DU CERVEAU HUMAIN, QUESTIONNEMENT, REFLEXIONS…

 

Porter sur le monde extérieur un regard ouvert, curieux, positif…

Travailler modestement notre monde intérieur, pour le faire à l’image du monde extérieur que nous cherchons à construire…

Chercher pour nous-même, et avec les autres un mode de communication non-violent, conscient, responsable, respectueux…

Respectueux de nous-même, des autres, de notre planète…

Réaliser dans notre corps une harmonie ressentie, calme, disponible, réaliste, à l’écoute des besoins, des sentiments…

Mettre aux mots Harmonie, Besoins, Sentiments la majuscule qui signifie qu’on leur donne leur sens noble, élevé : celui lié à l’intérêt de la santé, à l’équilibre, au bien-être de notre planète et de ses habitants à long terme…

Intégrer ces notions dans nos esprits, dans nos cœurs, dans nos vies, dans nos familles, dans nos vies sociales, dans le projet politique de santé de nos sociétés…

 

5)   PLACE DE LA RELAXATION ET DE LA SOPHROLOGIE DANS CETTE GESTION DU STRESS

 

La pratique de la relaxation et de la sophrologie va aider cet équilibre dynamique (c’est-à-dire équilibre « en marche », non statique), à s’effectuer de manière harmonieuse.

La relaxation (statique ou dynamique) va aider la personne à se remettre à l’échelle de son être.

Très souvent, cela revient en pratique surtout à l’aider à relâcher son mental, et progressivement à se mettre à l’écoute de sa respiration, de ses muscles, des battements de son cœur, des endroits du corps ressentis comme inconfortables, douloureux, mal perçus…

Si, dans certains cas, la ou les premières séances de relaxation sont ardues ou décourageantes, c’est souvent en rapport avec le mental difficile à détendre qui donne l’impression à la personne d’être confrontée de manière trop crue et trop brutale avec elle-même et donc avec ce qui l’amène à vouloir apprendre à se relaxer ...

Savoir que l’on peut s’attendre à cette phase permet de dépasser cette étape pour arriver aux bienfaits réels de la relaxation et de la sophrologie.

La relaxation s’accompagne d’une modification de l’état de conscience.

Cet apprentissage de la modification de l’état de conscience va aider la personne à diminuer son anxiété et à acquérir des copings de meilleure qualité.

En général, elle culpabilisera moins, verra progressivement le problème à gérer autrement, et passera donc de la gestion de son émotion à la résolution de son problème. Cela s’accompagnera d’une diminution de son anxiété.

L’acquisition ou le développement de la conscience de soi permet de développer l’empathie et d’acquérir une meilleure gestion émotionnelle.

La formation du sophrologue ou du relaxothérapeute comprend une recherche personnelle continue d’ajustement, un travail sur soi, physique, psychologique, d’écoute, scientifique, d’échange ouvert et non dogmatique …

Afin d’être thérapie efficace, la relaxation doit servir l’harmonie des deux cerveaux et non uniquement le cerveau rationnel.

Elle doit rattacher l’être qui souffre avec son équilibre à long terme, ses besoins, ses sentiments,  et pas uniquement lui permettre de redevenir rapidement un outil fonctionnel pour l’économie de la société.

Pour réaliser cela, il faut souvent plus de temps, mais la santé retrouvée est vraiment retrouvée : ce n’est pas seulement la tête qui va bien, mais l’être entier. L’équilibre sera donc meilleur et plus durable. Le temps apparemment perdu dans la longueur de la thérapie sera retrouver (pour l’économie de la société également) au niveau de la qualité du résultat.

 

 

6)       BIBLIOGRAPHIE :

 

1.       ARMOUR JA. (1991), Anatomy and function of the intrathoracic neurons regulating the mammalian heart, Reflex control of the circulation, Broca Raton, FL, CRC Press.

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3.       CAYCEDO A. (1973), Sofrologia medica, Barcelona, Ediciones Aura

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7.      DANTZER R. (1993), Coping with stress, in C. Stanford, P. Salmon et J. F. Gray (Eds), Stress: an integrated approach, Academic Press.

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9.       FERRAGUT E, (2001), Psychopathologie de la douleur : évaluation, thérapies, prévention Paris, Masson

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12.   HOFFMAN ML.(1984 ) : Empathy, social cognition and social action, in W. Kurtiness et J. Gerwitz ( éd. ), Moral Behaviour and Development: Advances in Theory, Research and  Applications, John Wiley and Sons, New York.  

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18.   MAYER JD., SALOVEY P., CAPUSO A. (2000): Models of emotionals intelligence, in Steinberg, RJ (éd.), Handbook of intelligence, Cambridge, U.K., Cambridge University Press.

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