Etude BELCOBACK

Charge physique de travail élevée et kinésiophobie doublent le risque de lombalgie chez des jeunes travailleurs

 

Pierre-R. Somville, An Van Nieuwenhuyse,1 Raphaël Masschelein, 1 Guido Moens,2 Philippe Mairiaux and the BelCoBack Study Group

 

Department of Public Health, University of Liège

1 Department of Occupational Health, Catholic University of Leuven, Belgium

2 IDEWE - Occupational Health Services, Leuven, Belgium

 

L’étude BELCOBACK (BELgian COhort study on low BACK pain) est la première grande étude longitudinale belge consacrée à la lombalgie en milieu de travail. Cette étude, financée par le Service Public Fédéral de la Politique Scientifique, a été mise sur pied en l’an 2000 dans les secteurs des soins de santé et de la distribution. L’objectif principal était d’estimer la valeur prédictive des facteurs individuels et de l’exposition professionnelle aux contraintes physiques et psychosociales sur l’incidence de la lombalgie et de ses répercutions en matière d’absentéisme.

 

Pour être inclus dans l’étude, les travailleurs devaient être âgés de 30 ans au maximum, présenter une perspective d’un emploi stable et ne pas avoir souffert d’épisode de lombalgie de plus de 7 jours en continu au cours de l’année précédente.

 

Au moment de l’inclusion, les variables d’exposition étaient mesurées au moyen d’un questionnaire auto-administré et d’un examen clinique standardisé du dos. En outre, des observations directes des activités de travail ont été réalisées sur un échantillon de participants afin d’évaluer avec plus de précision la contrainte physique des travailleurs de la cohorte. Aux moments de suivi, un auto-questionnaire a été distribué pour évaluer l’incidence de la lombalgie (considérée comme un épisode de plus de 7 jours en continu), ses caractéristiques ainsi que les changements en termes d’exposition depuis l’inclusion.

 

972 travailleurs ont été inclus dans l’étude et 800 d’entre eux ont pu être interrogés un an plus tard. Treize pourcents des travailleurs ont présenté un épisode de lombalgie. Aucune différence entre hommes et femmes ni entre travailleurs francophones ou néerlandophones n’a été observée. La douleur était presque continue chez 15% et récidivante chez 47% des personnes se plaignant de lombalgie. Plus d’un tiers des participants ont attribué leur lombalgie à leur activité professionnelle.

 

Une probabilité accrue de présenter une lombalgie a été observée parmi les participants ne pouvant pas changer régulièrement de position, chez ceux qui maintiennent longtemps le tronc en flexion ou en rotation et parmi ceux qui estiment faire un travail lourd. Un risque de lombalgie a également été démontré pour la peur du mouvement en cas de lombalgie chez des travailleurs asymptomatiques. Contrairement à la charge physique de travail, l’impact de la kinésiophobie est démontré pour la première fois dans ce contexte.