Lombalgie aux urgences

 

Fernandez-Lopez, MJ ; Cavenaille, C ; Vandecauter, A ; Karmali, R ; Peretz, A.

 

CHU-Brugmann. Pl A. Van Gehuchten, 4 ; 1020-Bruxelles

 

 

OBJECTIF: Etudier les caractéristiques cliniques des patients souffrants de lombalgie qui se présentent aux urgences (LAU) ainsi que les facteurs déterminants de demande d’examens radiologiques et leur implication dans leur diagnostique final.

 

MATERIEL ET METHODES : analyse prospective de 85 patients venus aux urgences avec comme motif des douleurs lombaires (45 hommes, 40 femmes, âge moyen de 40 ans (DS :12,24) pendant une période de 4 mois (février-mai 2004). Nous avons récolté des données : cliniques, professionnelles, facteurs déclenchants, tests diagnostiques et orientation postérieure du patient.

 

RESULTATS : 85 patients : 63 lombalgies pures (LP) et 22 lombosciatiques (LS). La plupart de LAU sont aiguës suite à un effort (35% au travail, 20% autre effort), avec une proportion similaire des LP et LS. Seulement 10% des LAU sont chroniques. 40 % sont spontanées et seulement 5% suite à un traumatisme. 80 % des LAU suite à un effort au travail sont des hommes. 70 % des LAU spontanés sont des femmes (p<0,001) Cliniquement dans 74 % des cas, il s’agit d’une douleur sévère (EVA 7-10) ou modérée (EVA : 3,5-7) . Par groupe, 45% des patients avec LS ont une douleur sévère par rapport à seulement 10 % de LP.

 

Lorsqu’une LS se présente aux urgences, elle a beaucoup plus de probabilité d’avoir des symptômes compliqués (paresthésies, valsalva, hyperalgésie…) associés par rapport à la LP (p<0,001).

 

La moitié des patients LAU présentent un examen physique limité, conditionnée par l’intensité de la douleur décrit. Seulement 2 patients présentaient des symptômes déficitaires neurologiques ce qui a conditionné son hospitalisation immédiate.

 

Les patients ont été orientés vers : hospitalisation : 3 patients ( 3,5 %), 2LS, 1LP; retour à domicile : 9 patients (11 %), 1 LS, 8 LP; médecin traitant: 11 patients (13 %), 1 LS, 10 LP ;consultation polyclinique: 63 patients ( 74 %), 18 LS, 45 LP, avec un taux de fréquentation de 56 %.

 

Quant aux tests diagnostiques réalisés, seulement 2 patients ont subi des tests de labo , 1 biologie-hematologie (normal), et 1 EMU ( infection urinaire +) ; 47 patientes LAU ont subi un test radiologique ( 44 RX simples, 3 CT scanner) dont 27% ont un résultat diagnostique positif.. Les critères de demande de RX sont basés sur la sévérité de la douleur, la raideur, et la présentation d’une LS plutôt qu’uneLP. Après son passage aux urgences, seulement les patients avec une évolution clinique non favorable ont subi des autres test RX. De tous les patients LS, avec RX- aux urgences venus en consultation, 80% ont subi des examens radiologiques complémentaires avec un taux de positivité dans le diagnostique de 66%.

 

CONCLUSIONS : La majorité LAU sont des " lombalgies simples " mécaniques, aiguës, suite à des effort physiques au travail chez des gens qui ont pour la plupart un travail lourd. La LS représente un quart des consultations. Un nombre assez important de patientes LAU a subi un test radiologique malgré que la valeur prédictive négative de la RX simple de la colonne lombaire aux urgences est très mauvaise car, chez les patients LS, dans la moitie de cas on conclut un diagnostique finale avec des techniques complémentaires qui s’avèrent indispensables (CT ou IRM) . La lombalgie commune est une pathologie très fréquente qui alourdit les services d’urgences dont l’évolution est favorable dans la majorité des cas. Malgré que dans la LS on trouve des facteurs anatomiques déclenchant de la douleur plus fréquemment que dans la LP , a l’heure actuelle, la plupart d’études coïncident sur le fait que l’imagerie précoce n’est pas indiqué. Une anamnèse et un examen clinique détaillés s’imposent au moment de cibler les test diagnostiques L’ hospitalisation est peu fréquente et limitée aux malades avec des complications infectieuses (un cas de spondylodiscite) ou déficit neurologique (2 cas de hernie discale expulsée). Les patients LS étaient plus souvent envoyés en consultation, mais malgré tout, il y avait un excès de patients LP, tout en considérant le nombre de désistements et l’évolution clinique positive de la plupart de patients.