The effectiveness of a new Endermologie-LPG treatment program for secondary arm lymphoedema.
Objective and subjective data from case studies.

 

M Esplin, M Massiot, A Moseley, N Piller. XX Int Congress Lymphology, Bahia-Brazil sept 26th - oct 1st 2005.

 

 

A Adélaïde (Australie), la réponse à 16 séances de Cellu M6 (4 séances de 25 minutes/sem) a été objectivée sur 24 lymphœdèmes iatrogènes du membre supérieur. Parallèlement,  dans second groupe de 21 lymphœdèmes, les auteurs observent la variation volumétrique obtenue par 16 drainages lymphatiques manuels (4 DLM de 45 min/sem).

 

L’analyse des résultats porte l’accent sur une efficience de 40% plus importante par le massage mécanique que par le DLM. L’accent est également porté sur l’obtention d’un meilleur résultat en un temps plus court : 25 min/séance pour le mécanique vs 45 pour le DLM.

 

Une première question : comment se fait-il que certains réussissent à imposer l’idée que le DLM représente la «seule méthode de référence » ? En effet, il est connu que ce massage ne pourra jamais réduire, à lui seul, un lymphoedème [2]. Et, de fait, l’étude du DLM aboutit à un piètre résultat. Mais, en dépit de la très faible décongestion par le DLM (±31 ml), ce massage est pris comme « gold standard », comme référence à battre et … est battu de 40 % ! Ah, l’attirance des mots et des chiffres : « 40% de mieux que le DLM ». A regarder de plus près, en 4 semaines,  il n’y a guère plus de 43 ml de réduction avec le Cellu M6 soit 0.000075 %DV/min. Or, qu’est ce que une réduction de 43 ml sur un volume initial de 1275 ml ? 3 % de réduction en 4 semaines soit 0.11 ml/min de séance ou 1.72 ml/ jour en fin de cure ! Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : le résultat reste anecdotique. La réponse à cette seconde question amène donc à considérer les résultats comme démesurés. L’effet loupe provient, probablement, de la comparaison avec le DLM. En effet, si la comparaison avait été faite avec une autre méthode de décongestion, au lieu d’une réduction volumique de 1.72 ml/ jour en fin de cure par Cellu M6, la décongestion aurait pu atteindre 24.42 ml/ jour en fin de cure centrée sur de la pressothérapie intermittente.

 

Mais voilà, il est tentant de se laisser gagner par l’assurance d’un résultat positif. Toutefois, il ne faut pas qu’elle impose son pouvoir aveuglant. Tel est le risque ici. En effet, à ce stade de lecture, seule, une présentation - avantageuse  et amplificatrice - serait de nature à faire accepter aveuglement la suprématie du massage mécanique. Or ici, la présentation a tous les ingrédients pour contaminer la réflexion. Déjà, le titre est engageant : le travail titre l’ «efficacité » d’une technique. Il y a ensuite la traduction, par les commerciaux, des résultats en termes plus accrocheurs: « une révolution est en cours dans le traitement des lymphœdèmes » [1]. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des mots. Sur de simples rumeurs de ce type, les boucliers peuvent se baisser, les parapluies se fermer et une docile assurance paralyser l’analyse. Certains par calculs, d’autres par manque de temps. Quelle que soit la logique, cela forme un amalgame où le ferment transforme la rumeur en réalité.  Et ici, il faut minorer l’efficacité annoncée et espérer que le tournant révolutionnaire  - toujours attendu – arrive bientôt. Mais actuellement, on en est – très – loin avec les deux méthodes étudiées.

 

[1] Sans auteur. Une révolution est en cours dans le traitement des lymphoedèmes. LPG®-News 2005,6:14-15

[2] Földi M : Thérapeutique conservatrice du lymphoedème : discussion. In : « Symposium de lymphologie : lymphatique et souffrance tissulaire », Ass Lymphol langue Fr, Boots-Dacour éd, Courbevoie, 1981:119.

 

Serge THEYS