GROUPEMENT D’ISOCINETISME BELGE ET LUXEMBOURGEOIS.

5e Journée Belge d’Isocinétisme
2 et 3 décembre 2005

Campus ERASME - Bruxelles

 

Isocinétisme et techniques d’évaluation de la fonction musculaire

 

Abstract

 

 

 

CONSEQUENCES DE LA CHIRURGIE DE TRANSPOSITION DU MUSCLE GRAND DORSAL

B. Forthomme1, O. Heymans2, F.X. Grandjean, J.M. Crielaard1, J.L. Croisier1

1 Service de Médecine Physique et Kinésithérapie-Réadaptation

2 Service de Chirurgie Plastique CHU Sart Tilman, Université de Liège, Belgique

 

La chirurgie plastique de reconstruction développe de nouvelles techniques, à l’image du transfert du muscle grand dorsal lors des reconstructions mammaires [1]. Il apparaît légitime de s’interroger sur les conséquences fonctionnelles, pour le complexe articulaire de lépaule, d’une telle chirurgie. L’objectif de ce travail consiste donc à explorer les répercussions du prélèvement du muscle grand dorsal sur les performances musculaires maximales lors de mouvements variés de l’épaule.

 

13 patientes, opérées d’un transfert du grand dorsal après mastectomie, subissent une évaluation isocinétique des deux épaules avant, 3 et 6 mois après la chirurgie. L’évaluation isocinétique concerne les muscles rotateurs externes (RE) et internes (RI) ainsi que les abducteurs (ABD) et adducteurs (ADD). Les rotateurs sont évalués en décubitus dorsal, bras à 45° d’abduction frontale et les abducteurs – adducteurs dans une position modifiée en décubitus latéral [2]. Le protocole comporte des vitesses concentriques lente (60°/s) et rapides (respectivement 180°/s et 240°/s pour les adducteurs - abducteurs et rotateurs) [3].

 

Trois mois après l’intervention, et en référence au statut préchirurgical, une diminution de force intervient (p < 0.01) du côté opéré sur les ADD (38.6 ± 12.5 %), RI (16.8 ± 10.6 %) et ABD (9.3 ± 12.4 %) à 60°/s. Cette faiblesse musculaire persiste au sixième mois, la différence avec le profil préopératoire demeurant très significative (p < 0.01) pour les trois groupes musculaires. En comparaison bilatérale, l’asymétrie de force atteint, au 6ème mois postopératoire, 37.1 ± 7.9 % pour les ADD, 29.9 ± 12.9 % pour les RI et 17.9 ± 10.9 % pour les ABD à vitesse lente (les performances demeuraient identiques aux deux épaules avant la chirurgie).

 

Au sein de notre échantillon, ces déficits musculaires n’apparaissent jamais liés à la réduction de mobilité de l’épaule. Le moment de la reconstruction mammaire (simultanée ou postérieure à la mastectomie) et le suivi ou non d’une rééducation classique n’influence pas la récupération musculaire.

 

Les ratios RE/RI demeurent significativement augmentés au sixième mois postopératoire par rapport au stade pré-chirurgical. Ainsi, le ratio RE/RI passe de 0.80 ± 0.15 (préopératoire) à 0.96 ± 0.12 à vitesse lente. Le ratio ABD/ADD évolue de 0.64 ± 0.15 à 0.83 ± 0.18 entre le stade préchirurgical et 6 mois après le transfert musculaire. Il paraît judicieux de s’interroger sur les conséquences à plus long terme, pour le complexe articulaire de l’épaule, de telles modifications du profil musculaire.

 

Références

Fraulin F.O., Louie G., Zorrilla L., Tilley W. – Functional evaluation of the shoulder following latissimus dorsi muscle transfer. Ann Plast Surg 35 : 349-355, 1995.

Forthomme B., Croisier J.L., Crielaard J.M. – Proposal for the assessment protocols for different shoulder muscle groups. Isokinet Exerc Sci 11: 69, 2003.

Forthomme B., Heymans O., Grandjean F.X., Klinkenberg S., Hoffmann S., Croisier J.L. – Consequences of latissimus dorsi transfer on shoulder function. Isokinet Exerc Sci 13 :69-70, 2005.