Le souffle en périnéologie

 

 

Luc Guillarme

Kinésithérapeute – Diplômé d’Université en uro-gynéco-andro-colo-proctologie – Certifié universitaire en rééducation respiratoire et cardio-vasculaire – Chargé de formations universitaires – Médaillé d’or au Salon des Inventions de Lyon-2006

 

 

 

Introduction

 

Issues du dictionnaire encyclopédique de la langue française, certaines définitions expriment à partir du « souffle », l’évolution possible de la périnéologie.

 

Né en 1973 d’une inspiration  (souffle du génie), le souffle (mouvement de l’air que l’on expulse par la bouche ou par le nez) m’est apparu vital dans sa capacité d’effectuer une action de pressions bien orientées tout en assurant la protection des structures subissant ces pressions. Je fus soufflé (familièrement : très étonné) par la pertinence de cette perception physiologique et après avoir eu le souffle coupé (respiration interrompue) par cette évidence, j’ai pris un second souffle (regain d’activité) pour passer de la réflexion intuitive à la recherche scientifique, de la pratique subjective au scientifique validé. Je n’ai jamais manqué de souffle (s’essouffler facilement) tellement la soif de découvrir la vérité était forte, je n’ai finalement jamais été à bout de souffle (être très essoufflé) tant l’avancée progressive des recherches me permettait de me rapprocher de la vérité. Malgré le calme plat (il n’y a pas un souffle) de la rééducation uro-génito-anale, limitée à une pratique verrouillée occultant la place du moteur du souffle que représente la musculature abdominale, je suis parvenu à concevoir une méthode axée sur le souffle vital (base de la réflexion philosophique de nombreux adeptes de sports martiaux). Alors, lecteurs, écoutez la parole du souffleur (personne qui souffle leur texte aux comédiens si besoin est) que je suis. Quittez cette période d’abstinence abdominale qui a pénalisé et pénalise encore la rééducation périnéologique. Jusqu’à mon dernier souffle (dernier soupir) je tenterai de vous insuffler (suggérer, guider) ce souffle libérateur, régulé par cette instrumentation magique appelée embout d’exsufflation (emblème de l’énergie et de la protection de l’intégrité humaine).  

 

Anatomie Fonctionnelle

 

Le diaphragme pelvien et le diaphragme thoracique sont totalement dépendants dans leur activité de la musculature abdominale qui les relie. Si certains muscles sphinctériens peuvent être utilisés isolément pour des actions ponctuelles d’amélioration de la continence où lors de manœuvres de libérations d’un des organes pelviens, dans toutes les activités d’efforts la qualité du synchronisme abdomino-pelvien reste le facteur qui assure la réalisation optimale de l’effort en cours tout en protégeant les structures faibles de l’enceinte abdomino-pelvi-périnéale. Dans le duo abdomino-périnéal, c’est la sangle abdominale qui représente la musculature prépondérante et protectrice du plancher périnéal.

 

La contraction de la musculature formant l’entité fonctionnelle abdominale (muscles droits, pyramidaux, obliques externes, obliques internes et transverses) assure un premier mouvement d’abaissement, d’enfoncement et d’enroulement des côtes créant le souffle actif, efficace et nécessaire à l’évacuation des mucosités bronchiques, trachéales, buccales, nasales : c’est l’augmentation du flux expiratoire (AFE).

 

En seconde intention et dans la progression de cette contraction (qui est finalement une mise en tension de la musculature créant un mouvement pressionnel dans une enceinte flexible compressible et déformable) le rapprochement des structures osseuses (thorax, bassin, rachis) va permettre la continuité de la transmission des pressions à orientation céphalique.

 

 

 

Réflexions 

 

La reconnaissance de cette technique en kinésithérapie respiratoire ne fait que valider la valeur et la puissance du souffle libérateur, tout en validant la capacité de la musculature abdominale à protéger le périnée, qu’elle entraîne dans son mouvement.

 

Cette remise en cause, par le pouvoir de « l’expir », de la rééducation périnéologique est une aubaine. L’acceptation de cette révolution culturelle ne fait que libérer et « déverrouiller » une science thérapeutique qui doit renter dans le mouvement créé par le souffle.

 

Toutes les techniques spécifiques qui ont évolué dans ce climat de spécificité excessive ne pourront que s’épanouir dans ce concept holistique, permettant en plus de réunir les connaissances et compétences de chacun au service du patient, avec pour objectifs prioritaires, l’amélioration et la pérennité de nos résultats.

 

 

Bibliographie : « Rééducation thoraco-abdomino-pelvienne par le concept ABDO-MG®, la renaissance abdominale par le souffle » Ed. Frison Roche, Paris, 2004