HAUTE ECOLE LIBRE DE BRUXELLES ILYA PRIGOGINE

2006

 

Etude comparative de la mobilité lombo-pelvi-fémorale chez la gymnaste avant et après rééducation spécifique

MARCQ Julie

La gymnastique est un mélange parfait de sport et d’esthétique, alliant grâce, élégance à la force et à l’agilité.

Ces dernières années, la gymnastique artistique a connu une période de croissance et de développement importants. Ces évolutions ont rendu ce sport de plus en plus exigeant. La technique et le niveau compétitif évoluant, les problèmes d’ordres médicaux suivent assez logiquement une tendance à la hausse. Lorsque l’on voit, notamment, les athlètes travailler au plus haut niveau, il est facilement imaginable que la gymnastique entraîne des contraintes au niveau de la charnière lombo – sacrée. Au niveau amateur, même si elles sont peut-être moins flagrantes, ces contraintes existent aussi.

Celles-ci risquent d’entraîner des microtraumatismes qui risquent, à long terme d’amener des lésions plus franches.

Ces lésions pourraient être de types osseuses : spondylolisthésis, syndrome de Baasturp ; de types articulaires tels athrose interapophysaire et pathologies discales ou toutes autres causes de lombalgies (hyperlordose, scolioses, rectitude du rachis,…). Les articulations hanches et épaules jouent également un rôle énorme dans les causes de lombalgies.

Afin de vérifier l’impact de la gymnastique sur la zone lombo-pelvi-fémorales, un ensemble de mesures ont été réalisées. Ensuite nous avons soumis certaines gymnastes à un traitement correctif. L’effet de ce traitement fût ensuite analysé via la renouvellement des mêmes mesures, ce qui nous permettaient d’observer une évolution éventuelle de l’état général de la zone lombo-pelvi-fémorale chez ces gymnastes. Afin d’assurer une validité statistique à l’étude, les jeunes filles étudiées se divisent en 4 groupes :

·    un groupe pratiquant moins de 8 heures de gymnastique par semaine,

·    un groupe pratiquant plus de 8 heures par semaine

·    un groupe témoin non gymnastes

·    un groupe témoin gymnastes (plus de 8 heures de gymnastique par semaine).

Plusieurs critères d’inclusion avaient été établis : les filles devaient avoir entre 10 et 15 ans, elles ne pouvaient pas pratiquer de sport de haut niveau. Pour les gymnastes, elles devaient pratiquer leur sport depuis minimum 4 ans, à raison de minimum 5 heures par semaine.

L’échantillon a d’abord étudié via un questionnaire qui évalue les caractéristiques générales de chacune, ainsi que leurs douleurs (prévalence et caractéristiques de celles-ci). La mobilité générale du tronc et plus précisément celle du complexe lombo-pelvi-fémorale a été étudiée à l’aide d’un rachimètre. Cet appareil permet de réaliser un bilan morphostatique et dynamique des sujets.

Des mesures de type goniométriques ont également été réalisées, celles-ci permettent d’effectuer un bilan articulaire des sujets.

L’ensemble de ces mesures offre donc la possibilité d’étudier le fonctionnement global de leur complexe lombo-pelvi-fémoral.

Ces mesures sont assez précises, fiables et bénéficient d’une assez bonne reproductibilité. Comme signalé auparavant, toutes ces mesures sont reproduites à la fin du traitement afin de pouvoir comparer les données avant – après.

Le traitement mis en place est composé de 3 parties distinctes (les 2 premières s’effectuant ici simultanément):

·    une partie proprioceptive,

·    une partie gainage

·    une partie étirement.

Dans le cadre de ce mémoire, nous avons choisi pour la partie proprioceptive – gainage de travailler sur ballon. Le but de cette 1ère partie du traitement était de renforcer de manière originale les différents muscles du corps (le renforcement classique dans le cadre de cours de gymnastique étant de type concentrique ou isométrique). Les muscles antigravitaires du tronc constituaient la zone plus particulièrement visée par le traitement appliqué. Ce traitement a permis en outre, au sujet bénéficiaire, d’acquérir un meilleur niveau de vigilance musculaire et un schéma corporel et donc un meilleur ressenti. De par cette amélioration du ressenti, le traitement devrait donc permettre, outre l’amélioration de l’état général du dos, une augmentation des performances gymnastes des sujets. Le choix du ballon se repose sur le fait qu’il permet un travail d’équilibre et apporte au traitement un grand aspect ludique.

Vu les différences de souplesse entre les différentes parties du corps (raideur notamment au niveau des hanches) que l’on peut classiquement rencontrer chez les gymnastes, le choix des exercices pour la partie étirement a eu pour but d’augmenter la mobilité là où elle semble manquer. Pour ce faire, le  type d’étirement  fut le passif avec partenaire. Ce qui permettait à chacune des filles de comprendre l’exercice et de se corriger en corrigeant sa copine (feed back visuel).

Les exercices débutent toujours par un ressenti de la bascule du bassin. Les psoas ont été beaucoup étirés ainsi que les quadriceps. Les étirements sont analytiques pour certains, globaux pour d’autres.

L’accent était mis sur la vérification des exercices à faire seule.

Les exercices sur ballon tentent de combiner le proprioceptif au renforcement ainsi que parfois à l’étirement des muscles antagonistes.

Le traitement s’étale sur 12 séances réparties sur 6 semaines à raison de 2 séances par semaine. Chaque séance dure approximativement 20 minutes. Il s’agit de séances collectives. Chaque fille a reçu en plus une feuille de bord reprenant 10 étirements enseignés lors des séances. Sur cette feuille, je leur ai demandé de compléter chaque fois qu’elles avaient refait chacun des exercices indiqués.

Les résultats du questionnaire montrent que 90% des gymnastes étudiées ont déjà été concernées par des douleurs de dos. Ces douleurs sont surtout liées à la pratique de la gymnastique.

D’un point de vue purement statistique, les résultats ne sont pas très probants malgré que l’on remarque globalement une évolution positive, par exemple une meilleure répartition de la flexion du tronc à travers les hanches et le rachis et non plus une énorme sur – utilisation de rachis lombaire.

Cette non différence significative (au sens statistique du terme) semble être due au faible échantillon (lié au temps imparti à un travail de fin d’étude) qui rend les tests statistiques non – concluants.

L’évolution que l’on constate semble aller dans le sens désiré, ce qui tend à montrer que le traitement établi engendre une amélioration de l’état du dos des gymnastes.

Ceci pourrait être  prouvé en effectuant ce traitement sur une période plus longue. Afin de démontrer statistiquement cette évolution, il serait certainement nécessaire de bénéficier d’un soutien plus important des clubs de gymnastique, ce qui permettrait de posséder un échantillon plus large et donc des statistiques de meilleures qualités